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Enfants africains en apparente bonne santé, ayant
atteint un stade de tolérance clinique: ils ne souffrent plus
de paludisme bien qu'étant souvent porteurs d'une charge parasitaire
importante
[Photograph: Pierre Carnevale] |
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5.4.1 TOLERANCE CLINIQUE
ET PREMUNITION
Chez l'homme, l'immunité acquise est un mélange
de tolérance clinique (responsable d'une réduction des accès cliniques,
en dépit de nouvelles infections) et d'une immunité anti-parasitaire
(responsable du contrôle de l'infection elle même). Les mécanismes
de ces deux formes d'immunité sont fondamentalement différents,
puisque la tolérance clinique survient plusieurs années avant l'immunité
anti-parasitaire. Un individu vivant en zone d'endémie peut avoir
une importante charge parasitaire en l'absence de signes cliniques.
Les mécanismes de la tolérance clinique sont encore
mals connus, mais l'hypothèse la plus logique suppose que cette
forme d'immunité interromp une cascade d'évènements qui avait été
déclenchée par la libération d'endotoxines plasmodiales, donnant
lieu à la production par l'hôte de cytokines pro-inflammatoires,
dont le TNF et l'IL-6, responsable de l'accès palustre. La nature
de l'endotoxine plasmodiale n'a
pas encore été identifiée de façon certaine, mais est très probablement
de lipidique (par exemple,
les molécules de glycosylphosphatidylinositol, GPI, qui servent
à l'ancrage de MSP-1 et MSP-2
à la
surface des mérozoites ont des caractéristiques d'endotoxine).
Il en résulte que la réponse immune pourrait se faire par des mécanismes
T-indépendants, ce qui explique pourquoi ce type d'immunité est
si lent à se mettre en place et nécessite une ré-infection fréquente
pour être maintenue (absence de mémoire si les lymphocytes
T ne sont pas impliqués).
La réduction de la susceptibilité aux accès, propre
à la tolérance clinique, est également une des caractéristiques
d'une forme d'immunité partielle, décrite sous le nom de prémunition par
les anciens auteurs. Dans ce cas, l'individu prémuni est à la fois
partiellement protégé de l'infection (donc immunité anti-parasitaire
relative) et souffre moins d'accès cliniques; cette forme d'immunité
est également âge-dépendante. Il est certain qu'il existe une confusion
dans la littérature concernant l'usage de ces termes et, bien que
le
terme de prémunition décrive assez bien ce qui se passe chez l'individu
exposé à l'infection en zone d'endémie, il s'agit d'un concept
d'épidémiologiste plutôt que d'immunologiste.
A la nature ambigue du concept et l'absence de tests immunologiques
capable de mesurer
un taux de prémunition chez l'homme, s'ajoute le fait que ni la
tolérance clinique ni la prémunition n'ont jamais été décrites
dans les modèles animaux.
Des études récentes par K. Baird en Indonésie ont
montré que, contrairement au dogme établi, la prémunition peut
s'établir beaucoup plus rapidement dans une population d'adultes
récemment
immigrés dans une zone d'endémie que chez les enfants originaires
de cette zone.
Lecture supplémentaire:
J.
K. Baird: Age-dependent characteristics of protection
v.susceptibility to Plasmodium falciparum
Ann Trop Med Parasit 1998, 92: 367- 390
Druilhe
P, Pérignon J-L: A hypothesis about the chronicity
of malaria infection. Parasit Today, 1997, 13,
353-357
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