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L'augmenttion de la taille de la rate est directement
liée au développement de l'immunité. Il existe une bonne
corrélation chez les jeunes enfants, entre l'augmentation
de la taille de la rate et l'augmentation des taux d'anticorps
antipalustres. Lorsque l'enfant grandit et que l'immunité
devient protectrice,
la taille de la rate diminue à nouveau. Voir également Spleen
rate
[Photographie: Image Collection Liverpool School of Tropical Medicine]
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5.4 AGE-DEPENDANCE
ET PREMUNITION
Les plus importantes lessons
que l'on puisse tirer d'enquêtes épidémiologiques est que le
paludisme est une maladie chronique et que l'immunité est âge-dépendante.
Pour que cette immunité se développe, des infections répétées
sont nécessaires, ce qui prend souvent quelques années. La première
phase du développement de l'immunité est une protection contre
les formes graves de la maladie qui, apparamment, se fait après
quelques accès. Il y a ensuite une réduction progressive du nombre
d'accès cliniques, sans que la réponse immunitaire ne soit capable
de réduire le taux de parasitémie. Lors d'études de prévalence
du paludisme dans une communauté en zone d'endémie, il n'est
pas rare de trouver les taux de parasitémie les plus forts chez
les grands enfants d'âge scolaire, souvent asymptomatique (d'où
la notion de seuil clinique discuté
dans la section diagnostique). Même les adultes vivant en zone
d'endémie continuent à présenter des infections asymptomatiques
et tous les suivis longitudinaux de communautés africaines montre
que les adultes présentent tous une infection patente à un moment
donné de l'étude.
Cette évolution progressive
d'un stade d'immunité contre le paludisme-maladie vers
un stade d'immunité partielle contre le paludisme-infection est
une situation
presque unique parmi les maladies infectieuses. Cette situation
a été décrite comme un état de 'prémunition'
par les frères Sergent dans les années 40 et décrit une forme
d'immunité non-stérile,
qui doit être maintenue par une exposition presque constante
aux parasites. Cette exposition aux parasites se fait soit par
la longue survie des parasites chez l'hôte (P. falciparum peut
survivre pendant plus d'un an et P. malariae est dit
pouvoir survivre pendant près de 25 ans en l'absence de traitement),
soit par une ré-infection fréquente. Les individus prémunis qui
quittent la zone d'endémie pendant plusieurs mois risquent de
perdre cette prémunition et de souffrir d'accès palustres au
retour. Cependant, cette observation ne signifie pas que la prémunition
ne s'accompagne pas d'une mémoire immunologique. Cette persistence
de prémunition a été bien démontré lors de l'épidémie
de 1987 sur les
Hauts
Plateaux de Madagascar: le paludisme avait été éliminé de cette
zone pendant plus de 30 ans et lorsque l'infection a réapparu,
avec un taux de morbidité et de mortalité considérable, il était
remarquable que les individus de plus de 40 ans (qui avaient
connus le paludisme avant son élimination) étaient significativement
moins susceptibles que les individus plus jeunes.
Il y a d'importantes différences entre la vitesse
de développement de l'immunité, en fonction du niveau d'endémicité.
Une immunité qui se développe progressivement entre la jeune enfance
et l'adolescence est typique d'une zone de paludisme
stable; la
situation est très différente dans une zone de paludisme
instable,
où l'ensemble de la communauté n'a que peu d'immunité et où l'âge-dépendance
n'existe pas.
Lecture supplémentaire:
Deloron P, Chougnet C. Is immunity to malaria
really short-lived ? Parasitol Today 1992, 8:
375-378
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