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5.10.2 PALUDISME ET SIDA
• La question de savoir si (ou comment) les deux
maladies les plus importantes d' Afrique sub-saharienne interagissent
reste toujours très controversée.
• Est-ce que l'immunosuppression induite par le
SIDA affecte l'immunité au paludisme ?
L'infection à VIH peut s'accompagner d'une
augmentation de l'incidence et de la gravité de certaines
infections parasitaires, mais il s'agit en général
de parasites intracellulaires pour lesquels la réponse immune
dominante est de type Th1 (toxoplasmose, leishmaniose ou cryptosporidiose).
Si l'on considère que l'infection à VIH affecte la
prolifération des lymphocytes de type TH1 bien plus que
ceux de type TH2, on ne devrait, par conséquent, pas s'attendre à ce
qu'il y ait dans le SIDA une perte
d'immunité au paludisme chez des adultes semi-immuns en
zone d'endémie (cette immunité étant essentiellement Th2/anticorps-dépendante).
Ceci se confirme dans la majorité des études
effectuées jusqu'ici. Par exemple, dans deux études
transversales effectuées à Kinshasa et à Kigali,
aucune interaction entre les deux infections n'a été démontrée,
si ce n'est l'augmentation de la fréquence de l'infection
HIV chez les sujets transfusés pour leur paludisme. Chez
les enfants, qui ont acquis leur infection VIH avant la primo-infection
palustre, on aurait peut être pu s'attendre à une
augmentation soit de la charge parasitaire soit de leur compétence à développer
une tolérance clinique, mais une telle augmentation n'a été trouvée
dans aucune des études effectuées jusqu'ici. Dans une
étude en Uganda, l'incidence d'accès cliniques et de fièvre était
significativement plus importante chez les adultes VIH-positifs (mais
sans augmentation de la parasitémie), suggérant que ces individus
pourraient être plus susceptibles aux parasites ou au toxines parasitaires.
Il est évident que l'infection à VIH remet en question des points
fondamentaux concernant nos connaissances de l'immunité acquise dans
le paludisme.
Même les études qui indiquent une augmentation
des accès chez les sujets co-infectés n'ont pas montré d'augmentation
de la mortalité et, en particulier, pas
d'augmentation de l'incidence du neuropaludisme. Ceci n'est pas surprenant, si l'on considère
que le rôle
déterminant
des cytokines inflammatoires et d'un environnement de type Th1
dans
la physiopathologie
du neuropaludisme, suggère a priori que l'incidence de
ces formes devrait être moindre chez les sujets immunodéprimés.
Si l'absence d'augmentation de la fréquence des formes graves du paludisme
en association avec le SIDA est bien confirmée par toutes les études épidémiologiques
récentes, aucune de ces études n'a encore montré d'effet
bénéfique du SIDA sur l'évolution de la maladie. Un tel
effet bénéfique a, par contre, été trouvé dans
les modèles murins de neuropaludisme (P. berghei ANKA chez la souris
C57BL/6).
La grossesse est la seule situation où l'infection à VIH
a un effet aggravant significatif sur l'évolution du paludisme.
Dans les principales études
pratiquées, en particulier au Malawi, il semblerait que l'infection à VIH
augmenterait l'incidence du paludisme chez les femmes enceintes quelque
soit leur parité. Ceci suggère que l'immunité liée à la
grossesse serait
abolie au cours de l'évolution du SIDA. La protection contre le
paludisme placentaire nécessite un environnement de type Th1 au niveau
du placenta, avec une augmentation de la réponse IFN-gamma aux antigènes
plasmodiaux et cette réponse ne peut se faire chez les femmes infectées
par VIH.
Lecture supplémentaire:
Rowland-Jones
SL, Lohman B: Interactions between malaria and HIV infection
- an emerging public health problem ? Microbes & Infection 2002, 4,
1265-1270
Malaria
and HIV: interactions and implications. WHO, 2004
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