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Lymphome de Burkitt chez un enfant africain
[Photographie: Herbert Gilles]
Prolifértion monomorphe des cellules lymphoides avec infiltration monocytaire est l'image typique du lymphome de Burkitt

5.10.1 PALUDISME ET LYMPHOME DE BURKITT

• le lymphome de Burkitt est la cause la plus fréquente de cancer chez l'enfant en Afrique. Le lymphoma est trouvé de façon sporadique dans le monde entier, mais il existe à prévalence élevée ('lymphome de Burkitt endémique') dans les zones où P. falciparum est également endémique, d'où la suggestion que les deux sont liés. Le fait que le lymphome endémique disparait dans des situations où le paludisme a été éliminé renforce ce concept.

• la cause principale du lymphome est la translocalisation d'un oncogène normalement impliqué dans la régulation du cycle cellulaire (c-myc) de sa position normale sur le chromosome 8 vers différents chromosomes, où il est toujours inserré à proximité du site de régulation de l'expression des gènes d'immunoglobulines. Il a été suggéré que c'est l'activation polyclonale des lymphocytes B qui dérègle le contrôle de l'oncogène et permet à sa translocalisation de se faire.

• l'effet du paludisme sur l'immunité de l'hôte, y compris l'intense prolifération des lymphocytes stimulée par des antigènes plasmodiaux et l'immunosuppression des mécanismes qui normalement contrôlent la prolifération polyclonale de ces lymphocytes, crée un environnement favorable à la propagation des virus. C'est le cas pour le virus d'Epstein-Barr (EBV). Bine qu'il n'y ait pas de preuve directe incriminant l'EBV comme agent causal du lymphome de Burkitt, les études épidémiologiques indiquent une forte corrélation entre les deux. Dans les zones de co-endémicité, le paludisme apparait comme un facteur provoquant majeur, permettant à l'infection par EBV d'évoluer vers un lymphome de Burkitt.

• un scénario à plusieurs étapes a été décrit permettant de comprendre la relation entre ces trois maladies:

• le paludisme chronique produit une activation polyclonale des lymphocytes B
• l'activation polyclonale augmente les chances de translocalisation de l'oncogène c-myc
l'infection des lymphocytes B qui ont déjà subi une translocalisation de l'oncogène induit une croissance autonome déréglée de ces cellules
• l'immunosuppression induite par le paludisme diminue l'efficacité de l'immunité anti-EBV (en particulier, par réduction des cellules T-cytotoxiques anti-EBV).

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