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Une
fièvre intermittente peut être suggestive de paludisme
et, dans beaucoup de zones endémiques, la fièvre
est souvent considérée comme synonyme de
paludisme
[Photographie: Steve Lindsay]
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La pâleur est un signe
clinique suggestif d'anémie
[Photographie: Herbert Gilles]
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La présence d'une rate de taille
aggrandie contribue à la définition d'un
score clinique
[Photographie: Steve Lindsay]
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4.8 ALGORITHMES CLINIQUES
En zone d'endémie
palustre, il n'est pas toujours possible de disposer d'un microscope.
Dans ces cas, la conduite thérapeutique doit être
dictée par un
diagnostic présomptif basé entièrement sur
la clinique. Une attaque de paludisme typique (ou paroxysme)
avec fièvre intermittente est très suggestive et
on pourrait croire qu'une
image clinique aussi spectaculaire soit suffisamment évocatrice
pour permettre un diagnostif présomptif très fiable.
Ceci n'est malheureusement pas
le cas.
Les
chances de succès d'un diagnostic clinique sont les meilleures
en cas de paludisme à P.
vivax. Dans les infections à P.
falciparum, les paroxysmes sont rarement aussi nets et se
présentent plutôt sous des formes évoquant une grippe, une pneumonie,
un hépatite virale ou une fièvre typhoide.
Dans les zones à forte endémicité, la fièvre
est souvent considérée comme synonyme de paludisme et
traitée comme telle; un diagnostic clinique présomptif sera
correct dans un pourcentage acceptable de cas pendant la saison
de transmission, mais en dehors de cette saison, lorsque la
fièvre n'est en général pas due au paludisme (bien que toujours
traitée de la même façon), un grand nombre de patients vont
recevoir un traitement antipalustre inapproprié.
Dans étude effectuée au Mali en 1991, seulement
53.9% des cas diagnostiqués comme paludisme pendant la saison des
pluies présentait des
parasites,
mais l'efficacité diagnostique tombait à 4.5% pendant la saison
sèche.
Tant que les parasites restaient sensible
à la chloroquine, un traitement présomptif de première
intention
était une approche défendable et d'un bon rapport
coût/efficacité.
Toute une série d'études ont montré que l'existence
d'une fièvre
intermittente, en l'absence d'otite, d'amygdalite
ou d'infection respiratoire,
pouvait être considéré comme un indicateur
valable de paludisme et, dans les zones où il n'y a aucun
accès à un laboratoire, sa
détection pouvait représenter un outil important
pour la réduction
de la
morbidité et de la mortalité attribuable au paludisme.
Par contre, dans les
situations où la chloroquine n'est plus utilisable comme
traitement de première ligne, et où d'autres médicaments
plus toxiques et plus coûteux doivent être utilisés
et il nécessaire de changer de stratégie et d'assurer
un meilleur accès à la microscopie ou, dans les
situations
où cela n'est pas faisable, de mettre au point des algorithmes
cliniques (ou 'scores cliniques') simples permettant de
prédire
un diagnostic de paludisme avec une meilleure précision.
De tels algorithmes sont basés sur le concept qu'il est
possible pour un assistant sanitaire, avec un minimum de formation,
de faire
un diagnostic correct. Les algorithms fonctionnent le mieux lorsqu'ils
sont adaptés aux conditions et aux habitudes locales. Un
algorithme va inclure les symptômes et les signes de la maladie,
prenant en compte les originalités locales, mais aussi les
causes habituelles d'erreur de diagnostic. Par
exemple, en tenant compte du fait bien connu que les signes et
symptômes de la pneumonie et du paludisme se recoupent.
Fièvre
ou "corps chaud", pâleur au niveau de la paume de la
main ou des ongles (qui sont des signes fiables d'anémie),
en même temps qu'une splénomegalie,
forment la triade de base d'un score
clinique de paludisme. La
spécificité du score peut être amélioré par un certain nombre
de critères négatifs comme l'absence d'éruptions, l'absence de
toux et un poumon normal à l'examen.
Dans les zones de faible endémicité, où l'infection
est très saisonnière et où la quinine est devenue un médicament
de première ligne, comme c'est le cas dans un grande partie de
l'Asie du Sud-Est, l'utilisation de diagnostic présomptif, même
avec algorithme clinique, est difficile à justifier. Lorsque la
méthode a été testée en Thailande, les meilleurs algorithme
ne permettaient un diagnostic correct que dans 49%
des cas, laissant la moitié des cas sans traitement; ces
algorithmes n'étaient pas capable de différencier entre infection
à falciparum ou infection à vivax.
Les
algorithmes sont un sujet controversé. Pour en apprendre
plus sur les 'pour
et contre' de leur utilisation pratique, cliquez
ici.
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