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3.5.5 PALUDISME ET PLACENTA
Histologiquement, le paludisme
placentaire est caractérisé par la présence de parasites
et de leucocytes à l'intérieur de l'espace intervillaire, de
pigment dans les macrophages, de dépôt de fibrine, d'une prolifération
des cellules cytotrophoblastiques et d'un épaississement de
la membrane basale trophoblastique. Les mécanismes exacts qui
aboutissent aux modifications de la structure du placenta
et qui sont responsables de la déficience des échanges materno-foetaux
observés, n'est pas encore bien comprise. Les parasites
ne sont probablement pas directement responsablede la pathologie
placentaire,
mais les leucocytes présents, du fait de la production de cytokines
inflammatoires, pourraient être responsables de l'épaississement
de la membrane basale qui pourrait causer un blocage
mécanique du transport d'oxygène et de nutrients.
• Les érythrocytes infectés par P.
falciparum qui sont présents
dans la partie maternelle du placenta, à l'intérieur
de l'espace intervillaire, restent sequestrés (c'est à dire que
la plus grande majorité de ces cellules ne circule pas dans le
sang périphérique de la mère infectée). On a longtemps cru que
la sequestration pouvait s'expliquer uniquement par le flot sanguin
très lent qu niveau du placenta. Des études méticuleuses de préparations
de placenta ont montré qu'il n'en était pas ainsi et que les
cellules infectées étaient retenues dans l'espace intervillaire par
au moins trois mécanismes différents: cytoadhérence
aux syncytiotrophoblastes (les cellules qui bordent la villosité),
par cytoadhérence aux monocytes ou en étant capturées à l'intérieur
d'aggrégats cellulaires (comprenant des plaquettes)
et de matériel collagène trouvé dans l'espace intervillaire.

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