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3.4 PALUDISME ET GROSSESSE
Dans les zones d'endémie, les accès palustres
sont plus fréquents et plus graves chez les femmes enceintes. Les
effets de l'infection sur la mère et le foetus sont
variables en fonction du niveau d'endémicité:
Il est recommandé aux femmes
enceintes non-immunes de voyager le moins possible
dans les zones d'endémie car, en cas d'infection, le paludisme
met la mère et le foetus en danger. Le risque d'infection est
augmenté chez la femme enceinte et les choix de chimioprophylaxie
sont plus restreints.
Dans les zones de paludisme
instable,
les femmes enceintes sont susceptibles à toutes les manifestations
graves de P.
falciparum et ont une mortalité 2 à 10-fois plus importante
que les femmes non-enceintes. Avortements, mort in-utero,
accouchement prématuré et faible poids à la naissance sont fréquents.
Il n'y a aucune différence de parité dans la susceptibilité
au paludisme dans ces situations de faible transmission.
Dans les zones
de transmission stable du paludisme,
la morbidité maternelle est surtout due à l'anémie et
l'effet majeur sur le foetus la réduction de poids à la
naissance.
Ches les primipares vivant dans les zones de forte endémicité
en Afrique, le paludisme est la cause la pus importante de faible
poids à la naissance, avec pour conséquence une
augmentation du risque de mortalité et du risque d'infection
au cours de la première année de vie.
La caractéristique principale du paludisme
pendant la grossesse chez les femmes semi-immunes est que l'augmentation
de susceptibilité est plus importante chez
les primipares
que chez les
multipares.
Cette caractéristique a aboutit au concept
d'une immunité parité-specifique,
qui implique que l'infection lors de la première grossesse produit
une stimulation antigénique
suffisante pour induire une protection significative
contre le paludisme lors des grossesses suivantes.
La présence de sequestration est
la principale caractéristique de la pathologie
placentaire; celle-ci elle est unique à P. falciparum. La parasitémie
placentaire et périphérique est souvent en bonne corrélation,
mais dans bon nombre d'études il a été montré qu'une parasitémie
placentaire importante peut co-exister avec une parasitémie minime
au niveau du sang périphérique. Dans l'une de ces études,
une infection placentaire en l'absence d'infection périphérique
a été observée dans 46.3% des cas.
Des differentes
espèces de Plasmodium, les infections à P.
falciparum et P.
vivax
existent au cours de la grossesse, toutes deux responsables
d'un faible poids à la naissance; les autres espèces ne
sont pas impliquées. Seul P.
falciparum est capable de sequestrer dans le placenta (induisant
parfois une infection placentaire massive,
allant jusqu'à 90% des érythrocytes infectés): c'est cette
espèce qui est, par conséquent, responsable des formes les plus
graves de paludisme pendant la grossesse.
Il n'est pas encore tout à fait clair pourquoi
la grossesse s'accompagne d'une agmentation de la susceptibilité
à l'infection palustre chez des femmes ayant déjà atteint un stade
de prémunition. Plusieurs
hypothèses, basées sur un perte d 'immunité systémique ou locale,
ont été proposées pour expliquer cette 'préference'
des parasites pour une multiplication dans le placenta. D'autres
hypothèses suggèrent au contraire l'existence d'une sous-population
de P.
falciparum qui ne serait capable de survivre qu'au niveau
du placenta.
Le
nouveau concept d'une population
parasitaire unique å la grossesse est discuté en
comparaison avec la théorie classique impliquant une immunosuppression (et
perte d'immunité acquise) au cours de la grossesse
L'infection palustre de la mère peut donner
lieu à une transmission congénitale (ou
à une contamination au moment de l'accouchement). Ceci est particulièrement
sérieux lorsque le statut immunologique de la mère est faible et
aucune (ou presque aucune) protection n'est transférrée de la mère
à l'enfant. Une situation est habituelle dans les régions urbaines
d'un grand nombre de villes africaines, qui présente un niveau
de transmission beaucoup plus faible que les zones rurales
voisines.
La chimioprophylaxie
antipalustre
au cours de la grossesse réduit de façon significative l'infection
placentaire et réduit le risque de faible poids à la
naissance.
Il s'agit là d'une des interventions les plus importantes dans
le contrôle du paludisme.
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